Effeuiller les feuillées

feuillee-titus-carmelFaut-il égrener le temps en années civiles quand les évènements créent dans nos vies des espaces qui se jouent des calendriers ?

Tantôt heures, parfois décennies, les scansions échappent au comptage et leur irrégularité crée l’unicité de ce qui nous est propre.

Vie échappée, qui se joue des séries, art que recueillent les mots de Gérard Titus-Carmel, artiste et poète à qui l’abbaye de Saint-Riquier vient de consacrer une exposition. En point d’orgue, ses écrits sur l’art viennent d’être réédités.

Effeuiller ses feuillets sont un pur bonheur et je ne peux que vous souhaiter de les découvrir tout au long des jours de ce que nous appelons la nouvelle année.

Gérard Titus-Carmel, Au Vif de la peinture, à l’ombre des mots, Strasbourg, L’Atelier contemporain ; François-Marie Deyrolle éditeur, 2016.

Image :
Trois lithographies de 2003 de la série « Feuillée », 76 x 56 cm.
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Estampage intime

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Il arrive de se demander ce que certaines personnes ont dans le cœur… cœur tendre ou cœur de pierre…
En celui de Marguerite de Castello, tertiaire dominicaine, il y avait justement  trois pierres qui y furent retrouvées après sa mort, en 1320.

Sur la première était gravée la Vierge Marie couronnée et sur la troisième saint Joseph avec une dominicaine agenouillée. Les dévotions de Marguerite s’étaient imprimées au plus profond de son être.
La deuxième reflétait la scène de la Nativité et c’est tout naturellement qu’en 1630, il fut choisi d’en faire une carte de vœux.

De pierres, miroirs de son âme, le cœur de Marguerite était tendre.
Aveugles, ses yeux ne contemplaient le mystère qu’au plus profond de l’être.
Le sceau du Verbe fait chair y était cacheté.

 Note : La date de l’image est inscrite en chronogramme.
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La lettre de l’image

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La lettre de l’image ?
N’est-ce pas plutôt une image dans la lettre ?

Certes…
Mais l’image est lettre, parole.
Comme l’Incarnation du Verbe fait chair est parole au cœur du croyant,
l’enluminure exprime en son propre langage l’unique Parole d’un Dieu livré par amour.

Du 15 novembre 2016 au 28 janvier 2017, les manuscrits médiévaux des Jacobins de Toulouse, enluminures et mots, sortent des réserves de la Bibliothèque municipale. Ils s’offrent au regard, à l’intelligence et à la sensibilité, à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine.

Laissez-vous saisir…

Note :
Ms. 103 (Missel du XIIIe siècle des Frères Prêcheurs du couvent des Jacobins de Toulouse), fol. 135.

Pour visualiser de chez vous les manuscrits conservés à Toulouse, cliquez ici et naviguez.

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De Sienne à Arequipa

pesscaL’université de Californie conduit un magnifique projet intitulé PESSCA (Project on the Engraved Sources of Spanish Colonial Art).

Comme l’intitulé l’indique, il s’agit de relier les peintures du Nouveau Monde à leurs modèles gravés européens.

Actuellement est présentée une exposition qui dévoile une Vie de sainte Catherine de Sienne en peintures, exécutées entre 1650 et 1680 pour le monastère Santa Catelina d’Arequipa au Pérou. Les chercheurs ont fort justement mis en regard des toiles une Vie en planches gravée à Paris en 1607 et éditée par Jean IV Leclerc (1560-vers 1620/1622). L’ensemble des scènes peut être examiné dans un catalogue provisoire.

Ce premier coup d’œil mériterait d’être complété et le rapprochement explicité. Il conviendrait de partir de la Vie, gravée par Pieter de Iode (1570-1634) d’après les dessins de Francesco Vanni (1563-1610) et imprimée à Rome en 1597 par Matteo Florimi (vers 1540-1613). Les planches de cette Vie sont en format « paysage » et offrent trois scènes par feuille. Pieter de Jode fit une copie des planches et la fit imprimer sans doute à Anvers. Le format, sensiblement égal à une feuille de papier A4, parut-il difficile à manier ? Cornelis et Philippe Galle choisirent, en 1603, de graver séparément les scènes pour les éditer en un opuscule en format « portrait » d’environ 16 x 10 cm (coup de planche : 14, 8 x 9, 3 cm).

Le succès fut immédiat et les copies se multiplièrent, notamment à Paris, à Rome et à Venise. Les éditions parisiennes et romaines gagnèrent l’Espagne et de là, le Nouveau Monde. Elles servirent alors de sources iconographiques pour les artistes œuvrant dans les couvents de l’Ordre des Prêcheurs.

Notes :
Image de gauche : Planche n° 18 de la Vie imprimée à Anvers par Philippe Galle. Burin, c. de pl. : 14, 8 x 9, 3 cm. Voir France, Paris, BnF, Rd3 (Catherine de Sienne).
Image centrale : Sainte Catherine ressuscite sa mère, vers 1650-1680. Huile sur toile, 107 x 163 cm. Perou, Arequipa, Pinacothèque du Monastère Santa Catelina.
Image de droite : Planche n° 18 de la Vie imprimée à Paris par Jean IV Leclerc. Burin, c. de pl. : 19 x 13, 4 cm. Espagne, Madrid, Biblioteca nacional de España – cote : ER/1652.
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Le Vieux Papier

001 Dîner le Vieux Papier 26 décembre 1912 - copiePourquoi la curiosité serait-elle un vilain défaut ?

Et  pourquoi  les vieux papiers  ne seraient-ils destinés  qu’aux souris et autres « papivores » ?

Un bout de feuille ou de carton peut porter les traces d’histoires et de l’Histoire.
Ce qui aujourd’hui apparaît banal se révèlera peut-être, un jour, extrêmement riche d’originalité et digne d’étude.

Une Société, née en 1900, rassemble ainsi des passionnés d’encre et de feuilles, de traits de plume et de coups de pinceaux, de noir et de blanc et de couleurs rutilantes.

Le Vieux Papier attend votre curiosité… Osez partir à sa rencontre en cliquant sur les liens et en allant sur sa page Facebook, car aussi anciens soient les documents, aussi high tech sont les moyens de les faire connaître.

Le Vieux Papier possède sa propre revue dont les numéros les plus récents sont à commander et les plus anciens à consulter dans toute bonne bibliothèque municipale (format papier) ou sur Gallica, le site de numérisation de la Bibliothèque nationale de France.

Soyez curieux !

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Et le sang ne cria pas

Louis Bertrand Pro-Antic - copie
Et le sang ne cria pas… parce qu’il ne coula pas.
Le canon du pistolet devint le crucifix.
Un autre sang avait été versé.

Ce sang-là lave… toute âme…
Ce sang-là nourrit jusqu’à transformer toute révolte en don de soi.

Il faut parfois du temps, beaucoup de temps : que les émotions s’apaisent, que la raison se retourne dans le bon sens, que le désarroi cède place au courage de demeurer en paix et de donner la paix.

Mais, même les plus saints s’affrontent au doute, et Louis-Bertrand quitta le Nouveau Monde pour rejoindre son Espagne natale.
Démission de la mission ou humilité de celui qui sait qu’il n’est pas plus grand que son Maître ?

Le sang ne coula pas mais le bien se fit, ailleurs et autrement.

Note :
Artiste non identifié, Saint Louis-Bertrand attaqué, XVIIIe siècle. Huile sur toile, 168 x 114 cm. Vente chez Parino Mercato Antiquario.
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Le temps qui passe

Le temps qui passeCouleurs qui se fanent… voile qui s’effiloche… manteau qui se mite…

Le temps œuvre dans la pierre, condamnant les froufrous savamment ciselés au ciseau. Demeurent le bleu iris, la rondeur d’une joue, l’apaisante blancheur de la carnation.

En atours de fête comme de tous les jours, la Dame vous attend, le regard suspendu au temps qui passe.

Notes :
Image de gauche : Notre Dame du Palais, XIVe siècle.
Image du centre : Nostre Dame de Grasse, deuxième moitié du XVe siècle.
Image de droite : Notre Dame de la rue Pharaon, XIXe-XXe siècle.
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