Dévotion coquette

Dévotion coquette

À Pascale Cugy, spécialiste de la gravure de mode habillée.
À Pierre-Henri Biger, qui se désole parfois de la frivolité des éventails qui le passionnent.

Vêtue de brun-bordeaux, de carton épais, elle ne laisse guère deviner du premier regard le trésor qu’elle recèle. Boîte de modeste format, elle ne contient pas moins d’une quarantaine d’estampes sur vélin, enluminées et habillées.
Comme d’un coffre de voyage vers un lointain oublié en sortent des étoffes chatoyantes et de fines dentelles pour cols et poignets de dames. Il n’y a qu’à faire son choix…

Velours unis ou frisés, taffetas rayés, lampas brochés, impressions de moucheté, damas d’or ou d’argent, point de Hongrie ou Mille fleurs… Étoffes craquantes, moelleuses, brillantes.

Certains tissus ont séduit et sont venus parer plusieurs « clientes ». Un même atelier a « cousu » leurs robes : Barbara et Dorothée, telles des jumelles, ont choisi la même gamme.

Coquette jumelles
Reine est plutôt cousine de Barbara. Pour un jour de fête, leurs manteaux d’argent laissent entrevoir leurs robes scintillantes.
Il n’en faut pas moins pour rencontrer celui que leur cœur aime : Le Roi des cieux, Jésus, tout d’or drapé.

Coquette Christ

Marguerite, elle, a préféré les couleurs tendres de la Mère de l’Enfant.

Coquette Marguerite

Si les sens vous tournent la tête, si vous ne savez plus que choisir, reprenez-vous ! Suivez votre ange gardien. De ce jardin multicolore, aux fleurs de sainteté, il vous montrera la porte du Ciel.

Coquette AngeUn grand merci à Erna van Looveren de la Ruusbroecgenootschap qui  m’a permis de voir la collection d’estampes de dévotion habillées de la bibliothèque universitaire d’Anvers. Le Gulden Cabinet est aussi là !

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Un commentaire pour Dévotion coquette

  1. Cette dédicace me va droit au cœur ! Ce qui me désole, c’est ma propre frivolité, apparente ou réelle, pour avoir choisi les éventails comme sujet de recherche et -pire encore- de collection. Mais une conférence (de Carême, bien sûr) m’a un peu rasséréné. Le frère François Cassingena-Trévedy, moine de l’abbaye de Ligugé, théologien et poète, nous a assuré que la Miséricorde de Dieu se trouvait aussi dans la beauté des œuvres et des objets d’art, comme, bien sûr, dans celle de la Nature. Je n’irai pas jusqu’à penser que la contemplation et l’étude de nos éventails font partie des œuvres de miséricorde. Mais je crois quand l’homme recherche le Beau, même (ou surtout ?) naïvement (c’est à dire sans oublier le Bon et le Vrai !), il ne peut que se rapprocher de Dieu. En témoignent les magnifiques images que vous montrez… et certains éventails !

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