D’un anneau il l’épousa

Boston-Museum-of-Fine-arts-Catherine-alexQuels récits bercèrent l’enfance de Catherine Benincasa (1347-1380) ? Ses yeux s’emplirent-ils de panneaux peints évoquant sa sainte patronne, Catherine d’Alexandrie (IVe siècle) ? Eut-elle accès à l’oeuvre de Barna da Siena (actif à Sienne vers 1330-1350), le Mariage mystique de sainte Catherine ?

Retirée en elle-même au fond d’une grotte, paupières closes mais coeur ouvert, voici que le Bien-Aimé vint l’épouser d’un anneau serti de sa marque : les quatre perles de ses plaies enchâssant le diamant de son côté transpercé.

Bénédiction de la Mère, sous le regard du fils donné, le disciple bien-aimé. Chants d’allégresse du roi David et encouragements de l’apôtre des Nations, Paul. Approbation du Père de l’Ordre, Dominique, et multitude des anges en Fête. Sceau secret au coeur, anneau invisible aux regards de chair mais témoin indubitable aux cieux. Catherine, épouse élevée en extase avant d’être rendue à elle-même.

image004

En 1616, Ioannes Valdor (vers 1580-après 1640) fit de l’expérience mystique de Catherine de Sienne une image à glisser dans l’intimité d’un livre. Pages refermées sur le Mystère. Regard soupirant vers un inaccessible, parfois offert, jamais arraché. L’Amour ne se dérobe point à l’être qui l’appelle.

Les fenêtres de l’âme et de l’image s’ouvrent alors sur ce que les yeux peinent à discerner s’ils en restent au terrestre : l’échange des coeurs. Celle qui a choisi les épines d’une couronne connaît enfin la brûlure et la douceur de l’inhabitation du Bien-Aimé.

Visions imaginaires ? Peut-être… mais le Docteur angélique, Thomas d’Aquin, ne dit-il pas que de telles visions ne sont cependant point illusions ? Enluminées d’or, laissons-les offrir leur beauté et porter leurs fruits spirituels.

 Notes :
Image supérieure : Barna da Siena (actif vers 1330-1350), Le Mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie, vers 1340. Tempera sur bois, 138, 7 x 111, 1 cm. Etats-Unis, Boston, Museum of Fine Arts, Inv. 15.1145.
Estampes :
Au centre : Ioannes Valdor (vers 1580-après 1640), Le Mariage mystique de sainte Catherine de Sienne, s. d. Burin sur parchemin enluminé, 9 x 6 cm.
A droite : Ioannes Valdor (vers 1580-après 1640), Le Mariage mystique de sainte Catherine de Sienne, 1616. Burin sur papier enluminé avec rehauts d’or, 11, 4 x 7, 3 cm.
A gauche : même modèle que la précédente mais sans mise en couleurs.
Publicités
Cet article a été publié dans Estampes, Peintures, XVIIe siècle. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour D’un anneau il l’épousa

  1. Astradie dit :

    On en parlait Du Mariage Au Journal du 20H Sur France 2,
    Cette peinture est un très Bonne Exemple pour Les générations
    futures, surtout dans L’art d’aimer !!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s