Doux comme la soie

 gravures cadresImpressions sur soie, fin XVIIe-début XVIIIe.
A gauche : sainte Jeanne de France ;
A droite : saint Dominique recevant le rosaire.

De noir et de blanc, tel l’habit des Frères Prêcheurs…
De noir d’encre et le plus souvent de blanc papier, telles les estampes…
Si l’habit, signe identitaire, ne varie pas, l’estampe se plaît à devenir chatoyante. Attrait charmant qui entraîne la dévotion et élève l’âme jusqu’à la proposition d’un mariage mystique vécu par Jeanne de France.
Encadrés de baguettes à la Bérain du début du XVIIIe siècle, les deux tableaux ont sans doute été conçus pour un intérieur privé, que leur propriétaire ait été laïc ou religieux.

saint dominique corneille mariette

Saint Dominique recevant le Rosaire
Jean-Baptiste Corneile (1649-1695), graveur
Jean Mariette (1660-1742), éditeur

De noir et de blanc, les estampes pouvaient paraître austères. Le Don du Rosaire à saint Dominique incitait-il trop peu à se saisir de son chapelet ? Modestement des pinceaux ont déposé des couleurs sur les visages et les mains. D’habiles ciseaux ont découpé. Des doigts agiles ont collé sur les vêtements et la robe du chien de la soie peinte. Chaque élément a retrouvé place sur un fond de nuages plus verts que bleus. Et finement, la bordure de l’estampe papier est venue ourler de nouveau la scène, avant d’être masquée par le cadre de bois.

saint dominique soie

Saint Dominique
Impression sur papier enluminée, découpée, habillée et collée sur soie peinte

Tableau fragile à préserver de la lumière et d’insectes friands de dévotion !
Si la création du modèle gravé est à situer entre le 15 septembre 1691 (date d’installation de l’éditeur Jean Mariette aux Colonnes d’Hercule) et le 12 avril 1695, date du décès du graveur, Jean-Baptiste Corneille, l’impression peut avoir été faite, ainsi que le délicat travail de recomposition, au début du XVIIIe siècle.
Retrouver une estampe de noir et de blanc, taille-douce à l’origine du tableau du mariage mystique de Jeanne de France, permettrait peut-être d’affiner la datation.
En attendant, il suffit de se laisser séduire par la douceur et la moire d’une soie presque aussi fraîche qu’il y a trois cents ans.

Note :
Jean-Baptiste Corneille (1649-1695), graveur ; Jean Mariette (1660-1742), éditeur, Saint Dominique instituteur du Rosaire, s. d. [1691-1695]. Eau-forte, Image au tr. c. : 24, 6 x 19, 4 cm.
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